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Dans le sud du Rwanda, grâce au Comité de coopération Castres-Huyé, des panneaux solaires ont été installés dans une école, et une bibliothèque francophone a été créée. Reportage.
District de Huyé, au sud du Rwanda. Il faut emprunter une piste rouge au milieu des collines verdoyantes pour arriver au village de Rukira. Dans la bibliothèque Jean-Pierre Gabarrou (ex-député-maire de Castres), une affiche vantant les mérites d'une promenade en bateau sur l'Agout trône au milieu des livres. Une quinzaine de jeunes se pressent autour des huit ordinateurs. Dans la salle de lecture, des bambins feuillettent des bandes dessinées et des livres d'images en français. «La seule ville de France qu'ils connaissent pour le moment c'est Castres!», s'amuse leur institutrice. Il faut dire que Castres et Huyé ont tissé des liens d'amitié depuis près de trois décennies. «Le bâtiment a été construit en 1987 par des jeunes de Castres et a été financé par les dons faits lors du décès du maire Jean-Pierre Gabarrou», explique Christine Marion, la présidente déléguée du Comité Castres-Huyé. Ébranlé par le génocide, cet ancien centre culturel a récemment été réhabilité pour être transformé en bibliothèque.
Au Rwanda, ex-colonie belge, le français est en perte de vitesse au profit de l'anglais. Pas à Rukira où tout le monde a accès à la bibliothèque Jean-Pierre Gabarrou. «L'emprunt des livres et l'utilisation des ordinateurs sont gratuits. Tous les mois, le Comité finance la venue du personnel de l'institut français de Kigali: ils organisent une séance de cinéma en français, une séance de lecture et un cours d'utilisation d'iPad», se réjouit Vénuste Nsanzabandi, le coordonnateur rwandais du Comité.

De l'électricité au tri sélectif
A quelques kilomètres de là, le groupe scolaire de Vumbi apparaît en pleine campagne. Aphrodis Niaminami, le directeur, montre avec fierté les panneaux solaires installés il y a quelques mois par le Comité Castres-Huyé: «ils alimentent en électricité une grande partie de l'école, notamment les classes des élèves qui passent le concours national pour rentrer à l'école secondaire. Ici la nuit tombe à 18h et ils n'ont pas d'électricité chez eux, les enfants viennent désormais étudier le soir dans des salles éclairées». Le quotidien des 1.000 élèves de l'école de Vumbi a changé avec l'arrivée de l'électricité. Ils peuvent prendre des cours de musique sur un synthétiseur, suivre des programmes scolaires sur des téléphones portables... Dans une classe, une chanson en anglais résonne à travers une chaîne hifi. «Hello my name is James, nice to meet you». «Nice to meet you», répondent timidement une trentaine d'enfants de 8 ans.
L'installation de panneaux solaires n'est pas une première pour le Comité Castres-Huyé. Deux centres de santé du district ont déjà été équipés. Et ce n'est pas tout. A Castres, une dizaine de bénévoles très motivés se démènent pour financer d'autres projets: la création d'une fabrique de savon biologique avec un groupement de femmes ou encore la formation au tri sélectif. Le secrétaire général du district de Huyé rentre tout juste d'une formation à Castres. «Je vais mettre en place un système de collecte et de recyclage des déchets inspiré de ce que j'ai vu en France», lance t-il ravi par l'accueil castrais.
MAYLIS JEAN-PRÉAU
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28 ans de solidarité
L'aventure commence dans les années 80. Par le hasard des rencontres, une institutrice de Castres met en place un correspondance avec l'école de la commune de Huyé, l'une des plus pauvres du Rwanda. De fil en aiguille, en 1986, les deux municipalités signent un jumelage-coopération qui se transformera dans les années 2000 en Comité de coopération décentralisée Castres-Huyé. Après la création d'une tuilerie et d'un rucher, un crédit-bétail a été mis en place pour aider les agriculteurs à reconstituer leurs cheptels décimés pendant le génocide. De nombreux projets dans le domaine de la santé et de l'éducation ont également été menés par les Castrais afin de répondre aux demandes de leurs partenaires rwandais. 
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Illustrations:
1) couverture du Journal d'ici, numéro 522 (détail)
2) Légende, "Dans la salle de lecture, des bambins feuillettent des bandes dessinées et des livres d'images en français. (MJ.P.)"
Lire l'article Le Journal d'ici.